Elodie SAUVAGEOT - De l'industrie pharmaceutique à l'Agriculture Urbaine - Bourgogne-Franche-Comté

Salut à tous !

Ca y est, je me lance : moi c’est Elodie, j’ai 31 ans et j’habite près de Dijon depuis 2017.

Curieuse et en quête d’apprentissage depuis toujours, mon parcours m’a naturellement poussé vers les sciences, et en particulier la chimie organique. Après un diplôme d’ingénieur puis un doctorat, j’ai tout d’abord été chercheuse dans l’académique puis cadre dans le secteur pharmaceutique.

Or, entre l’image idéalisée du métier/secteur et la réalité, j’ai assez vite déchanté, réalisant qu’avoir atteint tous les paliers d’une vie au demeurant enviable et accomplie, selon les critères de notre société (hautes études, CSP+ en CDI, bon salaire, propriétaire d’une maison avec jardin,…), ne m’apportait finalement aucun bien-être. Au contraire, à quoi bon avoir une telle situation si c’est pour trimer 45h/sem au travail avec une pression de dingue sans aucune reconnaissance et ne même pas avoir le temps de profiter de son jardin ?

Depuis plus d’un an, avec ma prise de conscience écologique et ma perte de sens au travail sous le bras, je réfléchissais sérieusement à quoi faire d’autre de ma vie. J’ai suivi et testé plusieurs pistes jusqu’à m’arrêter sur une idée : s’installer comme maraichère bio , selon des principes de permaculture et sols vivants pour à la fois protéger notre environnement et améliorer notre résilience alimentaire. A peine quelques semaines après, je me retrouve à un « café installation » organisé par une association locale, et là, la désillusion . Autour de la table, une trentaine de jeunes qui projettent de s’installer, tous à des stades plus ou moins avancés, qui expliquent pour certains que cela fait près de 3 ans qu’ils cherchent une terre en vain. La réalité m’a frappé en plein visage : le problème du foncier , les règles d’attribution des autorisations d’exploiter en faveur de l’agrandissement et non de l’installation de jeunes « hors cadre familial » sur petites surface,….

A cette époque, je travaillais sur un site de production implanté sur 6 Ha dont environ la moitié était en herbe, inexploité. Et c’est là que ça a fait tilt ! D’un côté on a des dizaines voire des centaines de jeunes qui souhaitent s’installer et contribuer à notre résilience et de l’autre, des terrains privés, inexploités et qui en plus génèrent un coût d’entretien pour les entreprises. Il suffirait de faire rencontrer ces deux mondes pour réaliser de grandes choses !

Mon projet est donc de créer une structure permettant l’installation de jeunes agriculteurs alternatifs (perma, agroforesterie, MSV, …) sur les parcelles en herbe inexploitées des entreprises, collectivités, friches industrielles, …, afin de les aider à démarrer une activité et remettre de la vie là où il n’y en a plus beaucoup. L’idée serait évidemment de trouver un partenariat gagnant-gagnant pour l’agriculteur et l’entreprise hôte (paniers bio, événements de sensibilisation écologiques et team building, …). L’objectif derrière cela est de créer un réseau de distribution en circuit court entre les différents acteurs pour que chacun puisse profiter des productions des différents sites (fruits, légumes, produits issus de l’élevage…). A terme, les possibilités sont multiples comme la mise en commun des outils de production entre les différents agriculteurs partenaires, la création d’un camion ambulant ou magasin de producteur, un lieu d’accueil au public….

Certains répondront que les sols des entreprises seront très certainement pollués et donc inexploitables dans un but alimentaire. Et vous avez raison. Quand le cas se présentera, et en fonction des résultats d’analyse, plusieurs choix sont possibles et je proposerai aux partenaires d’installer une mare ou une micro forêt (Miyawaki) pour créer un refuge pour la biodiversité tout en rejoignant le réseau et profitant des productions des autres sites, des activités, événements …

Voilà, c’est un gros projet auquel je m’attaque et ça se passera en Bourgogne-Franche-Comté, sud 21/nord 39 pour commencer ! :muscle:

Où en suis-je actuellement ? J’ai quitté mon emploi fin février 2020 et depuis mars, je travaille à 100% sur mon projet ! :blush: (bien que le Covid-19 ait tout chamboulé pour les mois voire l’année à venir… )

Au plaisir de lire vos retours et discuter avec vous de mon parcours et/ou mon projet !

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Trop cool, bravo pour l’initiative !
Pour illustrer le fait que ça me semble complètement jouable : sur le site de recherche Michelin, il y a beaucoup de pistes d’essai. Et entre ces pistes, il y a plusieurs terres actuellement exploitées par un agriculteur (« conventionnel » par contre). Comme quoi, c’est jouable. Par contre, ne néglige pas un aspect hyper important dans ton projet : la mentalité des gens. Pour beaucoup, si ça porte atteinte à quoi que ce soit dans leur quotidien, ils exprimeront leur mécontentement. Il suffit que les gens aient peur que la mare sente mauvais par exemple et on te dira non. L’entreprise a par exemple refusé de mettre en place de l’écopaturage.
Si tu veux que je me renseigne pour avoir un contact chez Michelin, n’hésite pas à me faire signe !
Bonne suite,
Alexis
NB : on s’était dit qu’on s’appellerait mais on a zappé, tu as des dispos dans la semaine (réponds-moi plutôt sur Linkedin pour ne pas polluer les échanges) ?

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Tant que les grosses exploitations seront privilégiées par l’état et l’Union Européenne ce sera d’autant plus de bâtons dans les roues pour revenir à une agriculture durable, à taille humaine. C’est une super idée ces partenariats avec des entreprises privées! ça leur permet de greenwasher une image d’entreprise verte, mais tant pis, tant que ça peut permettre de relocaliser de la production alimentaire je suis pour! :slight_smile:

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Oui, je m’étais déjà heurtée à la mentalité des gens dans mon ancienne boite où j’étais l’écolo de service, sympa mais quand même casse-couille quand on abordait les sujets qui fâchent.
J’adapterai mon discours en fonction de mes interlocuteurs mais le projet aura besoin de la volonté commune des dirigeants et employés pour fonctionner. Je jouerai la carte du bien-être au travail et co-construirai un projet unique avec chaque entreprise hôte pour que la majorité y trouve son compte.

Pour la suite, oui, on se fait signe sur LinkedIn :slight_smile:

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Bonjour Elodie,

Je t’invite à visiter ce site : https://lescocottesurbaines.fr/

C’est des architectes/paysagistes qui utilisent les terrains inexploités par les entreprises pour les embellir ou pour une production alimentaire.

C’est super de faire le lien entre les deux, cela peut radicalement faire changer certaines mentalités en entreprise.

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