Comment lutter contre l'éco-anxiété (à partager à votre pote dépité.e)

*Avant-propos / Disclaimer : *
Je reprends ici un article que j’avais écris sur mon blog perso (que beaucoup d’entre vous connaissent déjà). => D’où l’utilisation d’un ton un peu intimiste (déso’ pour ça :slight_smile: )
Il a inspiré pas mal de monde, donc je me dis qu’il aura peut être plus de visibilité ici.
Chers écolos impuissants (et déprimés) - Marketing Resistant


Difficile de ne pas paniquer devant l’état de notre belle planète, pas vrai ?

Et surtout…comment ne pas se sentir terriblement impuissant.e….

Les mauvaises nouvelles nous assaillent de toute part, et les seules modes d’actions qui nous sont proposés sont de faire pipi sous la douche, boycotter Nutella, ou aller marcher un samedi pour le climat.

Eventuellement un peu de désobéissance civile.

Et le lendemain ?

Tout recommence.

Alors on essaie de convaincre Justine, notre collègue de bureau, d’adopter la gourde.

On fait la morale à sa maman pour qu’elle se mette un peu plus au bio et un peu moins à la viande.

Bref, on se convainc que si on n’a pas réussi tout seul, alors on aura un impact à plusieurs.

Mais notre cerveau n’est pas dupe : malgré tous nos efforts, les mauvaises nouvelles continuent d’affluer.

Ce n’est pas la faute aux journalistes, c’est le monde qui se meurt.

Et nos seuls moyens d’action ? Râler, désobéir de façon non-violente, discuter, boycotter, consommer éthique et durable.

En un mot ?

Attendre.
Attendre que les gouvernements et les entreprises changent.

Nous sommes des spectateurs impuissants discutant, débatant, consommant dans les tribunes.

Résultat des courses ?

On se sent terriblement impuissant, à deux doigts de “prendre la pilule bleu de Matrix”, fermer le flux médiatique anxiogène et se rapprocher de celles et ceux qui s’en contre-fichent.

On en tire la conclusion que “s’engager” c’est être malheureux.

….

Hmmmpf…. Pas tout à fait.

C’est l’impuissance qui rend malheureux, pas l’engagement.

Revenons à la racine de ce mal-être.

Des mauvaises nouvelles nous assaillent et nous n’avons que des choix de consommateurs à faire. Des choix du “moindre mal”.

Aucun média ne nous pousse à changer nous-même les choses.

Après tout, nous ne sommes que des moutons trop pris par nos vies actives pour se permettre de construire quelque chose de positif, pas vrai ?

Nous sommes le problème, nous devons être diminuer.

Les solutions ne sont pas dans nos mains, ni dans nos talents, mais dans la bonne volonté politique ou les engagements des grandes entreprises.

C’est bien ça ?

….

Ce n’est pas mon avis.

Et si on changeait de point de vue ?

Et si on quittait cette “impuissance apprise” ?

Nous sommes comme ces éléphants que l’on attache à un petit piquet dès qu’ils sont petits, alors qu’ils n’ont pas la force de s’échapper, pour qu’ils gardent cette croyance limitante à vie.

L’éléphant conditionné à l’impuissance

Mais en réalité, nous sommes aussi puissants que des éléphants adultes, et ce petit piquet ne devrait pas nous conditionner.

Très bien, nous sommes puissants. Admettons.

Nous avons des talents que nous pouvons mettre au service de projets écologiques, pour devenir acteur plutôt que consommateur.

On commence par où ?

Comment trouve-t-on le temps ?

Quels sont nos moyens d’action, dans ce vaste monde ?

Personne n’a envie de perdre son temps et son énergie dans des petits projets insignifiants ou des batailles perdues d’avance.

C’est pour cela qu’il faut la jouer stratégique, avec toute l’intelligence qu’on a à disposition entre les oreilles.

Déjà, finissons en tout de suite avec ce fantasme : tout ne se fera pas en un jour.

Pour se mettre au sport durablement, il ne faut surtout pas y aller la fleur au fusil.

Il faut un processus, une stratégie, un plan d’entraînement, un plan d’action.

Il faut un plan pour reprendre possession de sa puissance d’action écologique.

Pour le moment vous êtes probablement “impuissant.e”, alors il faut s’entraîner petit à petit.

(et dans un an vous ne serez plus la même personne)

Après avoir rencontrer des dizaines d’écolos devenus “entreprenants”, et en analysant la diversité de leur parcours j’ai remarqué qu’il y avait toujours la même structure qui revenait.

Phase 0 : la situation initiale :

Inutile de la décrire, tout le monde la connait. Une vie de consommateur et de “collaborateur” d’une entreprise lambda, dont la priorité est la survie économique et le management par les chiffres/objectifs décidés tout là haut.

L’écolo se sent un peu seul dans ses convictions, et désespère de son impuissance.

Phase 1 : la période de déclic :

L’écolo croise sur son chemin quelque chose qui lui fait prendre conscience que celles et ceux qui sont devenus des “acteurs du changement” ne sont pas si différents de lui ou elle.

L’écolo pourrait bien savoir faire ce que ces sortes de “Résistants” font.

L’écolo s’imagine entreprenant, il se met à creuser.
Une vague d’espoir et de courage l’envahit.

Phase 2 : partir “sur la route” à la recherche de rencontres

On cherche de l’info, on change petit à petit nos flux d’informations : ils deviennent positifs, encourageants, inspirants.

On ose s’abonner à des projets qui nous inspirent, pour voir comment ils font.

On suit sur les réseaux sociaux des “gens qui se bougent”, on crève d’envie de leur ressembler.

C’est l’une des phases les plus importantes, il faut la choyer.

Car c’est dans cette phase que notre “Hercule” en devenir peut rencontrer son “Philoctète”.

Autrement dit, il suffit à ce moment que l’on ose toquer à quelques portes pour que les acteurs et actrices de la Résistance nous emmènent dans leurs coulisses.

C’est l’avantage de ce monde engagé, il est petit (surtout grâce à la magie d’internet et des réseaux).

Un simple message d’encouragement, une participation, ou une rencontre à un événement et hop! on fait presque partie de la famille.

L’ancien monde nous intéresse beaucoup moins, il devient affreusement fade.

On a envie de participer à la construction du nouveau, de se battre aux côtés de cette tribu de “Robin.e.s des bois” avec qui l’on partage les mêmes valeurs.

C’est dans cette phase qu’il faut se connecter à un maximum de communautés d’entreprenants (comme celle ci par exemple :Marketing Resistant, les écolos entreprenants).

Phase 3 : l’entraînement

A ce stade, on n’a toujours pas assez confiance en nous pour se lancer dans le grand bain.

C’est une bonne chose : il faut y aller petit à petit. Sans quoi on risque de se dégoûter de l’action en se construisant au passage une floppé de croyances limitantes.

Mais c’est le moment où il faut profiter de la lumière des autres pour oser allumer la sienne.

C’est le moment où il faut “prendre part”.

Participer un peu, proposer de l’aide en échange d’un bout d’aventure avec l’équipe.

Ca permet de se rendre confiant dans nos capacités à faire.

C’est le moment où on démonte son impuissance apprise.

L’éléphant magnifique se rend compte que le piquet bouge s’il tire sur sa laisse.

Cette phase prend généralement la forme de “bénévolat” ou de petites missions. On y apprend beaucoup et l’investissement en temps est assez minime pour qu’il puisse être conjugué avec notre “ancien” boulot.

Phase 4 : les péripéties ou la quête initiatique

Rien n’est jamais facile.

On ne change pas le monde à coup de bonnes volontés.

Il y aura des difficultés et des échecs. C’est bien. Ce sont des diplômes. On apprend, et plus tard, tout ça nous paraîtra évident.

Les projets auxquels vous contribuez n’auront probablement pas le succès que vous espérez.

Ce n’est pas grave. C’est le voyage qui compte, pas la destination.

C’est le moment où c’est notre volonté et notre persévérance qui sont mises à l’épreuve.

On doit prouver qu’on est convaincu. Qu’on ne s’arrêtera pas là.

Le monde, dehors, mérite qu’on se batte encore.

L’éléphant s’est pris des coups pour avoir fait bouger son piquet.

C’est le moment où il ne doit pas se soumettre, resté convaincu de sa puissance, et une prochaine fois, dans la nuit, s’échapper pour de bon.

Il sait maintenant, qu’il peut contribuer au monde.

Regardez comme ça le rend heureux. Un enthousiasme profond, qui a envie déborder, mais que l’on garde secret, en attendant de se libérer.

Phase 5: la re-co-nnaissance

A force d’apporter ses compétences à d’autres projets, à vivre l’aventure de l’intérieur et auprès de celles et ceux qui ont les mêmes valeurs, on devient connu et reconnu.

Reconnaissance : re-naître-ensemble.

On renaît dans les chantiers de la construction du nouveau monde.

Celles et ceux qui se bougent vous connaissent, ils et elles ont partagé des galères et des joies avec vous.

Vous faîtes partie des leurs. Vous pouvez comptez sur leur soutien.

Le grand saut approche.

Et à force de cotoyer l’architecture du monde de demain, vous en devenez un.e expert.

Vous savez là où il y a besoin de soutien, d’un projet que vous pouvez porter (car personne d’autre ne le peut : vous êtes celui ou celle que vous attendiez).

Votre place se profile.

L’éléphant magnifique, désormais pleinement puissant, sait dans quelle forêt se réfugier pour contribuer à son écosystème.

Phase 6 : le début d’une nouvelle vie, bye bye l’ancien monde.

Vous vous en êtes sorti !
Avec un peu de chance vous avez eu votre rupture conventionnelle et vous vous êtes lancé à temps plein dans ce projet qui vous tient à coeur.

Vous avez trouver votre place dans le défi du siècle, le combat pour les Vivants.

Mais pas si vite… il vous reste encore une chose à faire…

Phase 7 : re-descendre dans l’ancien monde

C’est la plus importante des étapes chez les Alcooliques Anonymes.

Ce n’est pas la sobriété. C’est au-delà.

Pour être véritablement guéri et pouvoir enfin vivre libre, il faut….

… aider une autre personne.

C’est fondamental.

Et entre nous, c’est le moment le plus satisfaisant.
Celui où on se dit qu’on a vraiment “réussi”.

Lorsque vous transmettez votre experience, et que vous sentez les déclics qui passent dans les yeux de celles et ceux à qui vous tendez la main.

On se sent faire partie de l’Histoire, de la “Résistance”.

Alors on continue, avec cette énergie et cette “puissance apprise” à oeuvrer à construire le nouveau monde. On se sent aligné. Accompli.

Elle se trouve là la solution à l’impuissance. Dans l’action.

A l’inverse de l’écologie des petits gestes et du “moindre mal”, lorsqu’on devient actrice ou acteur du changement le rapport s’inverse : plus on se développe, plus on participe, plus on se sent acteur du monde.

Vous retrouvez votre sensation de puissance créatrice : votre éléphant magnifique a fait valser son petit piquet.

Et pour ça, il suffit de commencer par changer sa “réalité”, en s’entourant de gens qui se bougent.

Il suffit de quelques clics sur Internet : s’abonner et se connecter aux médias et à celles et ceux qui nous inspirent. Remplir sa boîte mail, son réseau LinkedIn ou Facebook de nouvelles enthousiasmantes et entreprenantes.

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